Hiver ostréicole

Hiver ostréicole

Les huîtres et la filière ostréicole du Bassin d’Arcachon se sont retrouvées à de multiples reprises depuis le début de l’année dans les média régionaux que locaux. Nous vous proposons ici une synthèse des informations disponibles à la mi-février et nos commentaires.

Côté commercialisation, les bilans officiels des ventes des dernières fêtes de Noël et du Nouvel An indiquent que les consommateurs ont été au rendez-vous. Plus intéressant peut-être, ce sont bien les dégustations sur place (en dehors de la période hivernale) qui ont maintenu la filière en 2025, avec des prix de vente deux à trois fois plus élevés que la vente en magasin ou en gros. Mais cela n’est pas possible pour tous les producteurs et on compte aujourd’hui 10% d’exploitations à vendre dans la région (Source : CRCAA).

En ce qui concerne la production, les nouvelles sont mitigées : le captage des naissains après les dernières pontes estivales a été tout à fait satisfaisant, sans doute en relation avec une température de l’eau élevée, très supérieure à la moyenne des 25 années précédentes (Source : Capena). 

Hélas, la mortalité qui a suivi à l’automne (la perte des naissains sur collecteur représente la quasi-totalité de cette mortalité) a été très élevée : 44% sur l’ensemble du Bassin (Source : Capena) 

Plus préoccupant encore pour les deux années à venir, les huîtres d’un an, de 30 mois et celles prêtes à la commercialisation sont mortes en 2025 dans une proportion nettement supérieure à ce que l’on pouvait attendre (Source : CRCAA). Ces statistiques sont plutôt moins bonnes que sur d’autres zones ostréicoles comme Marennes-Oléron.

Cet hiver 2025-2026 est une saison moins froide mais plus arrosée que la moyenne. Début février, le chapelet des dépressions continue à balayer la presqu’île et les pluies sont incessantes. Les eaux pluviales ont déjà débordé en de multiples lieux tout autour du Bassin, et se sont mêlées aux eaux usées, nécessitant des interventions d’urgence mais purement palliatives de la part des opérateurs commandés par le SIBA. Les investissements annoncés et a priori décidés (120 millions d’Euros sur cinq ans) sont encore loin d’être transformés en plans d’action et encore moins en travaux concrets susceptibles de prévenir des accidents tels que celui de novembre-décembre 2023. Une estimation indépendante de 2/3 de fonds non dépensés pour 2024-2025 a été récemment communiquée (Source : ARC’EAU). 

Que peuvent faire les ostréiculteurs dans ce contexte de pré-crise ?

Stocker momentanément leur production dans des bassins dont heureusement un nombre croissant d’exploitations s’est équipé. `

Surveiller le risque microbien, les norovirus tout particulièrement ; cette organisation a été mise en place par la profession elle-même et donne satisfaction. Pour l’instant, aucune contamination n’a été détectée mais les jours et semaines à venir seront critiques au vu des prévisions météorologiques.

Obtenir des garanties sur les compensations financières en cas de crise. La députée de notre circonscription Sophie Panonacle a récemment écrit à la Ministre des Comptes Publics pour la création d’un fonds de garantie pour les ostréiculteurs, mobilisable en cas de crise sanitaire.

Les nouveaux élus au SIBA une fois les élections municipales passées devront rétablir au plus vite le dialogue avec la profession ostréicole, fragilisée mais résiliente et indispensable à l’équilibre du Bassin. 

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